Le lièvre variable (Lepus timidus) est un lagomorphe d’altitude, présent dans l’arc alpin entre 1 000 m et 3 500 m. Elle doit son nom commun à son pelage, qui passe du gris-brun en été au blanc en hiver. En Italie, on ne la trouve que dans les Alpes.
Le lièvre variable (Lepus timidus) est également connu sous le nom de lièvre alpin ou lièvre blanc, nom lié au changement saisonnier de son pelage : gris-brun pendant les mois d'été, avec une queue entièrement blanche toute l'année, et d'un blanc immaculé en hiver. C’est une espèce polytypique, comptant une quinzaine de sous-espèces répertoriées sur l’ensemble de son aire de répartition ; dans les Alpes, on trouve la sous-espèce Lepus timidus varronis. Elle mesure entre 43 et 64 cm de longueur tête-corps, avec des oreilles de 6,3 à 10,6 cm, et pèse entre 1,4 kg et 4,7 kg ; les femelles pèsent en moyenne 300 à 400 g de plus que les mâles.
Dans la Vallée d’Aoste, il occupe toute la tranche altitudinale comprise entre 1 000 m et 3 500 m, effectuant des déplacements saisonniers : il descend à des altitudes plus basses en hiver, où la disponibilité alimentaire est plus importante, et remonte en été. Elle est surtout active au crépuscule et la nuit, n’hiberne pas et mène une vie essentiellement solitaire ; pendant la saison de reproduction, entre avril et août, les mâles deviennent territoriaux.
L'espèce est étroitement apparentée au lièvre commun (Lepus europaeus), avec lequel elle partage une partie de son aire de répartition et peut donner naissance à des hybrides fertiles. Une étude menée entre 2009 et 2021 par l’ISPRA et l’Université de Turin dans une vallée du Parc national du Grand Paradis, en Vallée d’Aoste, a mis en évidence un déplacement du lièvre variable vers des altitudes plus élevées, attribuable à la hausse des températures moyennes et à la remontée concomitante en altitude du lièvre commun, favorisée par ce même réchauffement. En raison de cette sensibilité, le lièvre variable est considéré comme une espèce « sentinelle » du changement climatique alpin.
En matière de protection, son statut de conservation global selon l’UICN est « préoccupation mineure » (Least Concern), bien qu’une tendance au déclin soit reconnue par la révision de l’UICN concernant les espèces de lièvres européens. Le cadre réglementaire italien s’articule en revanche sur deux niveaux qui ne coïncident pas : au niveau national, l’espèce fait partie de celles pouvant être chassées en vertu de l’article 18 de la loi n° 157/1992, avec une saison de chasse s’étendant du 1er octobre au 30 novembre, et elle est également incluse à ce titre dans la loi régionale valdôtaine n° 64/1994. Depuis 2019, toutefois, le Conseil régional de la Vallée d’Aoste a suspendu la chasse à cette espèce par le biais du calendrier cynégétique, en invoquant le principe de précaution en raison de l’incertitude quant aux données disponibles et de la pression exercée par le changement climatique ; le tribunal administratif régional (TAR) de la Vallée d’Aoste a rejeté en 2021 le recours formé contre cette suspension, confirmant ainsi la légitimité de celle-ci en tant qu’acte administratif.
L’identification sur le terrain repose principalement sur la couleur : contrairement au lièvre commun, qui reste brun toute l’année, le lièvre variable revêt en hiver un pelage entièrement blanc, tout en conservant une queue blanche en toute saison (chez le lièvre commun, la partie supérieure de la queue est noire). Ses oreilles sont relativement plus courtes que celles du lièvre commun. C’est une espèce insaisissable et rarement observable directement : un suivi par pièges photographiques mené dans les Alpes de Veglia et de Devero (Piémont) a enregistré un taux de présence réduit par rapport à d’autres mammifères présents dans la même zone ; l’observation indirecte à travers des traces dans la neige est plus fréquente que l’observation directe.
Fiche d’information
Nom commun : lièvre variable (lièvre alpin, lièvre blanc)
Nom scientifique : Lepus timidus Linnaeus, 1758
Espèce : mammifère placenté Famille : Léporidés (Leporidae), ordre des Lagomorphes (Lagomorpha)
Répartition : Europe du Nord, Écosse, Irlande, Asie du Nord jusqu’en Sibérie et au nord du Japon ; en Italie, limitée à l'arc alpin
Habitat : milieux dehaute altitude, entre 1 000 m et 3 500 m, allant des forêts clairsemées aux prairies alpines et aux zones rocheuses
Alimentation : herbivore — herbes, bourgeons, écorces, pousses