Parc Val Grande
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Introduction
L'histoire du paysage de la Val Grande est inséparable de celle des hommes qui l'ont habitée puis abandonnée. Depuis au moins le XIIIe siècle, bergers et bûcherons gravissent chaque été les vallées, cultivant les alpages, coupant le bois et produisant du charbon de bois. Au début du XXe siècle, la vallée a connu une brève saison industrielle liée à l’exploitation du bois par l’industriel suisse Carlo Sutermeister, qui a construit la "route Sutermeister" et la première centrale hydroélectrique à courant alternatif d’Italie dans le fond de la vallée de Cossogno. L’année 1944 marque un tournant : le 11 juin, les forces nazies-fascistes lancent le ratissage du Val Grande - l’opération " Köln " - avec environ 4 200 hommes, dont des soldats de la SS, de la Wehrmacht et de la RSI, dans le but d’anéantir les formations de partisans stationnées dans les vallées. A l'issue de la rafle, qui s'est achevée le 27 juin, environ 300 partisans sont morts, 208 cabanes et granges ont été incendiées et 42 prisonniers ont été fusillés à Fondotoce (Verbania). Avec la fin de la guerre, les bûcherons et les montagnards ne revinrent pas ; en cinquante ans, la forêt reprit possession des champs, des chemins muletiers et des alpages, transformant la vallée en l'une des zones sauvages les plus intactes des Alpes. Trois mois après la rafle, les partisans réorganisés libèrent Domodossola, créant la République d'Ossola (septembre-octobre 1944), première expérience démocratique dans l'Italie occupée.
La végétation est aujourd'hui dominée par les hêtraies (Fagus sylvatica) sur les pentes plus humides et ombragées, avec le sapin blanc (Abies alba) et l'épicéa commun (Picea abies) dans les stations plus élevées ; le bouleau, l'aulne et d'autres feuillus pionniers occupent les clairières et les pentes dont les sols sont encore instables. Le fourré impénétrable - résultat d'un reboisement spontané - est l'une des caractéristiques les plus frappantes du paysage. La flore comprend de nombreuses espèces précieuses : l'arnica (Arnica montana), la grande gentiane (Gentiana lutea), la campanule escissa (Campanula excisa - endémique des Alpes Lépontines), et des orchidées sauvages. Les torrents abritent des truites brunes (Salmo trutta fario) et des truites gobies (Cottus gobio), indicateurs de la bonne qualité de l'eau. Sur les berges caillouteuses vivent le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et la bergeronnette jaune (Motacilla cinerea).
La faune s'enrichit progressivement grâce à la protection. Le chamois alpin (Rupicapra rupicapra) est l'espèce la plus caractéristique du parc ; le cerf élaphe (Cervus elaphus) et le chevreuil (Capreolus capreolus) sont en expansion. L'aigle royal (Aquila chrysaetos), le faucon pèlerin (Falco peregrinus), le circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), le tétras lyre (Lyrurus tetrix) et le tétras-lyre (Tetrastes bonasia) figurent parmi les espèces d'oiseaux les plus importantes ; le hibou grand-duc (Bubo bubo) est présent. Le loup (Canis lupus italicus) est revenu dans le parc : les premières observations dans la région de Verbania remontent au début des années 2000, les premiers couples territoriaux sont documentés depuis 2019 et une présence stable est confirmée depuis 2022. Le retour du grand prédateur, soutenu par le projet européen LIFE WolfAlps, est considéré comme un indicateur de la maturité écologique de l'écosystème. Les petits mammifères comme le loir, la martre et la martre des pins sont très répandus ; la belette et l'hermine fréquentent les zones rocheuses.
Les gravures rupestres trouvées dans la région - dont l'une figure sur le logo du parc - et les objets funéraires dans les nécropoles de Malesco et de Miazzina témoignent d'un peuplement remontant à l'âge du fer. Le "mascherone" de Vogogna, un visage en stéatite de tradition celtique datant du deuxième âge du fer (env. 450-15 av. J.-C.), est interprété comme une représentation de Cernunnos, divinité celtique de la nature sauvage. Le parc propose également la ligne Cadorna - un système de défense datant de la Première Guerre mondiale que l'on peut parcourir le long des crêtes - et les chemins des partisans de la Résistance. Le Sentiero del Pellegrino (sentier du pèlerin), ancien sentier des bergers et des voyageurs, traverse la vallée et offre des vues sur les montagnes environnantes. L'Alta Via Val Grande est le principal sentier en boucle du parc.
Information
Données générales
Typologie : Parc national ; Réserve de biosphère MAB de l'UNESCO (à partir de 2018, Réserve de biosphère du Ticino Val Grande Verbano)
Année de création : 1992 (D.M. 2 mars 1992 ; G.U. no. 99 du 29 avril 1992) ; autorité du parc : D.P.R. 23 novembre 1993 ; élargissement : D.P.R. 24 juin 1998 ; élargissement 2023 : D.P.R. 2023 (G.U. no. 238 du 11 octobre 2023) ; Réserve naturelle intégrale de Val Grande (antérieure) : 1967 ; Réserve de biosphère MAB de l'UNESCO : 2018
Organisme de gestion : Autorité du Parc national de Val Grande
Organisme de référence : Ministère de l'environnement et de la sécurité énergétique
Superficie : 170,21 km² (17.021 ha ; dont 11 971 ha SPA)
Altitude minimale : ~400m
Altitude maximale : 2 310m
Altitude maximale : 2 310m - Monte Togano (Valle Cannobina VB)
Région(s) : Piedmont
Province : Verbano-Cusio-Ossola
Municipalités concernées : Aurano - Beura-Cardezza - Caprezzo - Cossogno - Intragna - Malesco - Mergozzo - Miazzina - Ornavasso - Premosello Chiovenda - San Bernardino Verbano - Santa Maria Maggiore - Trontano - Valle Cannobina - Verbania - Vogogna
Site officiel : https://www.parcovalgrande.it